Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

A quelqu’un dont j’ai oublié le nom

 

Non, je ne dirai rien pour un si futile motif

Je n’irai pas jusqu’au bout de l’allée

Pas plus que de bredouiller une mécréante prière

Qu’importe, le soleil brille

C’est beau d’être ignorant. Grand, éloigné et ignorant

Des petitesses humaines

Des larmes qui coulent à très mauvais escient

Des mots forgés pour une autre occasion, lancés au vent qui ne leur convient pas

Je garderai le silence

Ne me cacherai pas à l’ombre d’un grand frère

Innocent de mes fredaines

Et de mes fréquentations

Et des tours et détours de mon histoire

Pourtant, cet ami si proche et si lointain

Cet inconnu croisé chaque matin

Ouvrait en grand portes et fenêtres

Et le portail de son jardin

Couvert de mauvaises herbes

Fières d’être enfin utiles à un ancien poète

Tombé dans l’oubli de nous tous, ses contemporains

Nous, les ingrats

Les buveurs de sang frais, le dos tourné

Nous, qui portons sur nos épaules, en silence, son cercueil transparent

Lourd de vérités et vide de corps

L’oubli ayant gardé jusqu’à son ombre

L’oubli que nous avons forgé chaque matin pluvieux

Chaque nuit de beuveries

Autour d’un feu éteint par les crachats

Je ne lâcherai pas la dernière poignée de terre

Qui ferai de moi un être convenable pour la circonstance

Je rentrerai pleurer dans mon cachot

Où plus personne n’osera vérifier l’état de mes paroles

Tombées à terre en même temps que son rire

Car il riait, de tout, de chaque mauvaise manière

Jusqu’à la date de sa mort

Marquée dans le sable d’une main inconnue, charitable

Car mêmes ses pires ennemis sont partis en silence

Sans comprendre qu’il ne laissait en partage

Que son mépris

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article