Sous l’arbre rouge
Les branches silencieuses
Dansent
À l’unisson des pas furtifs
Des amants apeurés
Plus loin, beaucoup plus loin
Un œil lunaire
Bat ses longs cils
Baignés de larmes
De joie
Car il sait, il sait depuis sa lointaine jeuneuse
Que la peur ne dure pas
Qu’elle s’envole
En un court instant
De tendresse.
Ailleurs
Dans les bois sombres
Que la Lune ne pénètre pas
Meurent de tristesse
Les feuilles tombées sans espoir de leur nid
Derrière les rideaux épais
De ma fenêtre
Je vois revenir la tête basse
Les porteurs de pas perdus
Craintifs du mystère de la forêt
Arbre rouge, ami,
Compteur de mes regards
Porte mon message
Soigne mon espoir
Jusqu’au matin