Quel monde étrange
Celui pétri par d’autres mains
Le poète sait
Cueillir l’onde qui vibre
Porteuse d’un regard
Neuf
Différent
Le poète court
Sur le fil mal tendu
Sur la chaudière ardente
Du volcan
Respire
Les vapeurs neufs
Colorés
Souffreteux
Au terme de son parcours
Il n’y aura pas d’accueil triomphal
Seulement le silence
Fait d’attente vaine
D’ignorance
D’étonnement
Son pied brulant
N’aura pas de sol tendre
N’aura pas
Des pierres blanches pour montrer un chemin
La lave de ses mots
Façonnera les images
Les stèles
Les repères d’un prénom
Qu’il porte par habitude
Accroché
Au frêle rayon de lune
Cueilli à la sauvette
Dans la nuit solitaire
De son départ
Vers le monde sans frontières
Que les mots forgent
Au creux du vieux silence
Son ultime destin
Sa demeure transparente
Son ancrage
Son seul toit