Elle était assisse sur le bord du mur, le regard cloué au sol, silencieuse.
Autour, le vide gênant des espaces faits pour les jeux des enfants, pour les cris, pour le bruit désordonné et magnifique de la vie.
Une main s’appuyait doucement sur la sienne. Si doucement qu’elle même ne la sentait pas, ne recevait pas sa chaleur. Il y a des mains invisibles, impossibles, lointaines même lorsqu’elles serrent fort la ceinture, font le tour des lèvres, parcourent ferventes le corps enfoui sous le vieux manteau d’hiver.
Alors le vent se mit à souffler. Le vent commandé par un vieux dieu grec jaloux de ses prérogatives perdues. Il avait le pouvoir de séparer, pas celui de réunir. Dommage.
Elle est restée assisse sur le bord du muret, silencieuse, ignorante du vortex mangeur des nuages dont le nom ne serait jamais dévoilé. Et le vortex ne sait pas, ne peut pas s’allonger au pied des jeunes corps appuyés sur les pierres sombres et silencieuses. Il est, lui aussi, prisonnier du souffle de son destin.