Renfermés sur eux mêmes tels des hommes en marche pour une nouvelle guerre
Qui n’a pas encore de nom, pas encore de morts attribués en pleine conscience
Avec la joie assumée d’un quelconque capitaine représenté les armes à la main
Et le cortège d’aveugles, de clients en attente de prébendes, de veuves possibles
Creusant de leurs pieds la Nouvelle Ornière censée conduire vers La Lumière
Qui sera nommée le moment venu par un cœur de servants habillés d’or
Dans le silence d’une gigantesque cloche à fromage filtrant l’air vicié des souris
Prison transparente, invisible, sournoise, acceptée de bon gré sous la menace des armes
Avec vue imprenable sur l’habit chamarré de l’apprenti dieu hissé sur le bras d’une grue portuaire
Et les rires et applaudissements des foules invisibles, produits et transmis par le Bruiteur Exclusif
Le bonheur assuré pour les siècles à venir à moins d’un accident survenu lors du creusement d’un tunnel par des souris nues, sourdes, n’ayant pas encore passé le test du laboratoire d’assimilation forcée.
Mes belles petites sœurs !