Les grandes fourmis ont entamé leur marche à travers la forêt à la recherche d’un arbre haut, propice pour un nouveau nid.
Elles seront à l’abri des vents un temps. Le temps que mettent les hommes pour faire une clairière qui s’étend, qui s’étend, au point de laisser le vent s’engouffrer, violent, au cœur de la forêt. Et démembrer les nids si patiemment construits de terre et salive et de milliers de dures et monotones allées et venues.
Les fourmis ne savent pas rêver. Elles ne dressent pas la nuit des plans de vengeance, encerclant les villes des hommes, envahissant en silence les maisons, les caves, les greniers, taraudant toutes les poutres et pièces et meubles en bois. S’éloignant juste à temps, juste un peu pour voir comment un vent un peu plus fort que d’habitude fait tomber les maisons comme des châteaux de cartes.
Non, les fourmis ne savent pas rêver de vengeance. Ni rire devant le désastre.
Quoique…