Laïusserie du quotidien Fuite en avant Censure non avouée Légitimité Oui, je l’ai, mais pour quoi ? Quelle question ! Me dire ça à moi, L’élu des dieux Et des passants Qui se fichent pas mal De l’affiche qui en sortira Ma vocation est ma vertu Tutélaire...
Pendant ce temps, la pluie tombe à l’horizontale, les hommes sont couchés dans leur lit d’ignorance Pendant ce temps, des êtres difformes raccourcissent les ombres, tranchent les branches, crachent les feuilles Pendant ce temps, la liberté s’essouffle,...
Robert compte, décompte, soustrait additionne Robert aligne, brise les rangs, calcule, efface Robert n’est pas poète Il est obstacle, Chronologue, chronométreur, arpenteur Partie essentielle du Cosmos Dont il mesure à chaque instant la régularité Robert...
L’arbre tend ses bras Sans souci de nos regards De nos souhaits De nos élans Il boit sa part de lumière S’éloigne de notre chemin Effiloche les nuages Porteurs de nos espoirs Et nous labourons le sol Pour y terrer nos angoisses Et notre peur du néant
Regard qui se pose Sans choix, sans mépris, sans miséricorde Sur les êtres silencieux Simples passants Dans l’étendue aux couleurs dégriffés De la ville sans âme Alanguie dans sa grandeur factice
Pas des mots savamment enchâssés Je tire ma charrue, les yeux dans les étoiles Doucement, lentement Guidé, sans m’en soucier, d’un instinct animal De laboureur de phrases sans l’abri d’une lignée Dépourvu que je suis de quartiers de noblesse
Mots suspendus Mensonges du matin Presser le pas Sans ouvrir les yeux Encore. Plus tard Découvrir Le goût étrange D’une goutte De rosée miroitant Au fond ensoleillé De ton jardin
Lever du rideau Trop tard Pour s’évader Trop tard Pour changer de sujet Qui sait, qui sait Parole de l’aurore Promesse d’ivrogne ? Se laisser porter Ouvrir lentement les yeux Accepter la lumière Crue Et les questions et les rires Prendre ce qui viendra...
Pour des morts Il faut un fossoyeur Efficace, consciencieux, C’est certain Malheureusement S’il manque des macchabés Comme il les aime Comme il les veut Il en fabrique Il en choisit Avec grande joie Parmi la foule massive Innocente Dès passants
Amigos Passants « Se hace camino » « En marchant » Entonces Alors Simplemente Simplement Feliz año Bonne année 2011 Y más allá
Affronter le destin Forêt sombre Branches dénudées La peur marche devant
Il se défait de ses obsessions Saute au creux de la mer Qui roule indifférente Au sable, à l’air Et, surtout, surtout Au défilement du temps
Odeur de pain grillé Soupe paysanne Le feu brûle sans chaleur Misère travestie en histoire Le grand écart
Une image floue Un souhait fugitif Un désir estompé Un élan du réveil Chargé de nuit Et de regrets
Petit objet Usé Décoloré Brisé en silence En dedans Indifférent aux trilles Aux regards Sous la carapace L’air emplit le vide Comme l’eau en crue Embourbe un champ La nuit revient De son aller paisible Souverain Indifférent
La voie est libre, chantes-tu Que faire alors de toi-même ? Où poser cet encombrant fardeau Qui tord de ses caprices Ton humble chemin?
L’apport des jours abandonné sur le chemin de la forêt perdue Le long de chaque tronc Mes mains parcourent les branches à la recherche d’un support Dans leur quête d’une raison pour atteindre le bout de la nuit
De bon matin A la poursuite D’un esprit silencieux D’une ombre devinée D’un vouloir insatisfait De bon matin Routine et faux espoirs
Un moment clair à travers le rideau de pluie Grise Enveloppant la plaine, les vignes, l’ombre des villages Regard D’un rêveur, d’un passager du vent Embusqué Au pied de la montagne accrochée aux dernières lueurs
Gribouiller, moi ? Certainement pas ! Je me dandine Je tourbillonne Je fais à la fois La souris et le chat L’oiseau qui pirouette Dans l’eau de la fontaine Je ne fais pas Le maître d’école Le rhéteur Le chien savant Juste des borborygmes Boursouflant...
Où se trouve-t-il ? Etends devant nos yeux La carte de ses fuites De son éternel départ Lève le défi De l’écouter De l’entendre De laisser la porte entrouverte De balayer le chemin Qui le conduira Jusqu’au bord de ta haie A la margelle de ton puits Vers...
Galets dépolis Relégués Dans la berge asséchée
Automne Brumeux Froid, Quelques lumières scintillent Trompent la nuit Miment une présence Incertaine La musique m’accompagne Me soutient Porte en elle un espoir Sans nom Sans corps Sans raison Notes Voletant dans la nuit Tendre la main Reprendre la route...
Chemin Sombre Nuit De lune Perdue Cependant La ville Brille De ses mensonges Lumières de feu Un murmure Dit sa possibilité Lendemain Au delà des certitudes La vie bourgeonne Vierge de tout souvenir
La rivière boit feuilles et racines et paroles perdues Et pensées sécrètes et larmes arrachées Compagnonne des heures sans couleur Porteuse de silence dans le chant de ses eaux